Les cellules souches neurales peuvent-elles ralentir la dégénérescence de la rétine et préserver la vision ?
La dégénérescence progressive de la rétine, responsable de maladies héréditaires comme la rétinite pigmentaire, entraîne une perte irréversible de la vision en détruisant les photorécepteurs et les cellules de l’épithélium pigmentaire. Malgré les avancées de la thérapie génique ciblant des mutations spécifiques, la diversité génétique de ces affections rend nécessaire le développement de stratégies thérapeutiques universelles. Une piste prometteuse repose sur l’utilisation de cellules souches neurales humaines, capables de protéger les photorécepteurs restants et de préserver la fonction visuelle.
Une étude récente a exploré le devenir à long terme de ces cellules greffées dans un modèle animal de dégénérescence rétinienne. Les résultats montrent que les cellules souches neurales, une fois injectées, se différencient principalement en cellules de type astroglial. Elles agissent en sécrétant des facteurs trophiques, en modulant le métabolisme local, en réduisant le stress oxydatif et l’inflammation, ainsi qu’en remodelant la matrice extracellulaire qui soutient la structure de la rétine. Ces mécanismes combinés contribuent à ralentir la perte des photorécepteurs et à maintenir une activité visuelle résiduelle.
Cependant, l’efficacité de cette protection diminue avec le temps. Les interactions entre les cellules greffées et les cellules rétiniennes de l’hôte s’affaiblissent, limitant les bénéfices à long terme. Parmi les facteurs sécrétés par les cellules souches, la protéine MANF joue un rôle clé : elle protège les photorécepteurs, régule la réponse immunitaire et limite l’apoptose. Son action, ainsi que celle d’autres molécules comme MYDGF, MDK et PTN, est essentielle pour soutenir la survie des cellules rétiniennes dans un environnement en dégénérescence.
Les chercheurs ont également observé que les cellules gliales de la rétine, comme les cellules de Müller et les microglies, voient leur activité modifiée par la présence des cellules souches. Ces changements aident à stabiliser la structure rétinienne et à réduire les réactions inflammatoires nuisibles. Pourtant, avec la progression de la maladie, ces effets protecteurs s’atténuent, soulignant l’importance d’améliorer l’environnement rétinien pour prolonger les bénéfices thérapeutiques.
Ces découvertes ouvrent la voie à des approches combinées, associant la greffe de cellules souches à des traitements ciblant spécifiquement le milieu rétinien. L’objectif est de renforcer la survie des photorécepteurs et de maintenir une vision fonctionnelle le plus longtemps possible. L’enjeu reste de comprendre comment optimiser ces interactions pour une protection durable contre la cécité.
Sources du site
Source officielle de l’étude
DOI : https://doi.org/10.1038/s41467-026-69776-4
Titre : Dynamic transcriptomic remodeling in grafted human neural progenitor cells uncovers mechanisms for vision preservation in a rat model of retinitis pigmentosa
Revue : Nature Communications
Éditeur : Springer Science and Business Media LLC
Auteurs : Saba Shahin; Shaughn Bell; Bin Lu; Somanshu Banerjee; Vivek Swarup; Hui Xu; Jason Chetsawang; Stephany Ramirez; Jorge S. Alfaro; Alexander Laperle; Soshana Svendsen; Clive N. Svendsen; Shaomei Wang